dimanche 25 août 2019

Nous irons par le sable.

Nous étions dans le sable, posés et surtout endormis, languissants, sur le dos, à la face, allongés et perdus au ciel bleu, en soleil et gagnés du sommeil, trop justes, serrés loin, fidèles et perclus et frissonnants. Au fil tendu le monde se retourne, la vie ensuite sur le dos, à la face, au soleil bien trop haut, trop serrés et languissants.

Le sommeil, le ressort, la vie perdue, les orages au loin, si loin, la tension, les brûlures, le sommeil perdu, retrouvé, la vie sur le sable, étendus et sur le ciel bleu perdus. Ils sont en dérive, ils sont au clair, sans forces, abandonnés, l’orage au loin, la suite, la surprise, ils sont fidèles et isolés, perdus de ciel et d’eau salée.

La pente en tournant, le ciel extrêmement lointain, les yeux au fond, au fond les oreilles et la tension certaine, le champ sur le devant. La vérité éloigne, ils ont un bras serré, ils sont une force sans voix, ils geignent en silence et reprennent la place, le soleil haut et loin, la vie écartelée, le sable aux orteils, la vue brouillée d’air et d’huile.

Le soleil en tournant défait le visage, la peau éclate, os brisés, le cœur en bande, ils se tiennent et commencent le tour, la visite avancée, un retour, sur le dos, à la face.

Ils cherchent et déplorent, muets et invisibles le monde a vieilli. Erreur propagée, ils sont perdus et fidèles et ils s’obligent, la vie dérive, ils sont perclus et n’osent se dire rangés au soleil, vieille armée, jeune champ et cheveux blancs et tristes, tout est en vol, tout retourne, en trace, la vie, le temps, la clarté même.

Le temps est en attente, la vie tourne au silence, il faut bâtir, élever, reprendre la parole, il faut le verbe et la chair et des cœurs dévorés, sous le soleil, sous le sillon, il faut tracer les lignes et ordonner, remplir toutes les pièces, défendre un avenir, reprendre en main le sens et la raison, ils filent, ils contemplent, ils sont devenus et ils retiennent, le sens, la raison.

Et trouver et reprendre et frémir et tenir, la joie. Ils étaient, ils sont et encore, un moment au sable, au soleil, dans la clarté, au ciel bleu, aux frissons toujours, toujours.

23 Août 2011.

samedi 24 août 2019

Retour et résonance, drap tordus.

Les draps ... le cri
les draps dans les mots
le bruit froissé

Un temps de joie
et de partage
en résonance

Maria Dolores Cano ici et , 24 août 2019 à 09:58. 

Draps tordus.

Au raclement de la porte, au tremblement de l‘aube, au cri des oiseaux la nuit, le pied est tendu, la vie sursaute, le dormeur lourd et lointain ouvre, ouvre les yeux, il tourne, il se défait, il compte le bruit.

Ils sont à l’affût, ils y sont, ils chassent et ils tournent. Les oiseaux, la nuit, crient. Ils sont abandonnés et sans grâce et sans rien.

Sur le dos, les draps tordus, les mains arrachées, le visage, les draps autour, le visage est serré, la nuit les oiseaux crient.

Le cœur éclaboussé, la bouche vide, l’éveillé tourne et se disperse, il aura besoin du feu et de l’orage, ses oiseaux sont dans la nuit, et plus rien, le silence et la fatigue, une nuit sans sommeil, un réveil sans rien au dehors et les oiseaux et le reste.

Ils crient ils font du bruit, et au sommeil perdu ils défont, il ferme la fenêtre, il clôt la nuit sur lui-même, sur les absents, sur les oubliés, il se ferme et il distend la vie, il est irréparable, il s’en prend au temps, à la lumière, au vol des oiseaux et au cri.

Le cri, la bête perdue, les cœurs arrachés, la vie obscure, il se trompe, il est en fuite, il accepte les choses inacceptables, le bruit dans la fureur, l’orage qui ne vient pas, le feu toujours absent, toujours et absent, sans rien, pas de fureur, pas de tapage, de simples bruits espacés, sans rien pour l’effroi.

Tout est nommé et le blanc et le noir et le haut et le bas, le bas, la vie dans le sommeil oublié, dans le temps sans nuance, sans beauté. Des draps autour du cou, des erreurs au plafond, des bruits simples et reconnaissables, sur le front, rien n’avance, les oiseaux crient, la nuit est ouverte.

Le temps est compté, les erreurs au plafond, il compte et tire sur les draps autour du visage, tout est porté sur un cou froissé, tordu, pas de fureur, pas d’alarmes, des cris sur le fil, la nuit, les oiseaux passent et les chasseurs chassent, il y faudrait un grand remords.

Pour laver, oublier, se perdre, ne plus tenir et prendre enfin la vie du meilleur côté, la joie, le calme et l’entrain, l’entrain, sortir de l’ombre et laver les fenêtres et les cœurs sans crainte, enfin comprendre, ne tiens rien, laisse, défais le ruban et ouvre tous les cercles.

Nous avons besoin de feu, et d’orages et de cailloux entre les dents, il nous faut être forts simplement et rejeter, rejeter la souffrance. Il y aura enfin un temps de beauté, de joie, partageons.

21 Août 2011.

vendredi 23 août 2019

Retour et résonance, sa conclusion est indispensable.


2 commentaires: 

Anonyme a dit…

Un commentaire oui, merci, Michel.

23 septembre 2012 à 10:27.
 
J♥♥♥ a dit…

C'est beau
C'est un travail de plus en plus beau
♥♥♥

24 septembre 2012 à 13:54.

Sa conclusion est indispensable.

Une table dans l’herbe, des fleurs et le souffle. L’étonnement, si fort, et la voix détournée, le cœur posé sur la table, un cœur étendu sur le bois, sur le bois, il attend et fort, si fort, la puissance absolue, et trop, trop de souffle et des fleurs et tout tiendrait dans la main, dans les yeux, sur la table le cœur étalé, la bouche perdue, les yeux ouverts, cœur ouvert, perdu, débordé, étalé sur la table, sentiments et signes, sur le bois un cœur gravé au couteau, au couteau, il se cherche, il se ferme, il est posé sur le bois, un cœur qui déborde de fleurs, qui est étendu.

Sur le bois le cœur respire, étendu et chargé, sur la vie même, sur le sort, si, si sensible, présent, une absolue puissance, il tourne et déborde de trop de chair, trop de chair étendue sur le bois, sur la table, trop de chair sur la table, et la force, la force les signes de la puissance absolue, les fleurs et même le poids de la chair, le poids de la table, le poids d’un cœur, fleur puissante.

Il se cherche, il est du côté des oiseaux tout petits, tout légers et célestes et la chair sur la table et le sourire sur le visage, la vie bouclée, les fleurs, il est fort, il est là si lourd, un cœur, une attente, il est lourd le cœur sans rien de plus, et sans tristesse, sans rien à en dire, pour les heures, pour le moment.

Il est puissant, il est plein de chair et de sang, il est d’amour et d’air chargé, il respire et il souffle, il souffle, beaucoup trop, beaucoup trop, il y va, il y sera, il tourne et traîne la table, le bois, la pointe, un couteau a gravé un cœur sur la table, il y avait de l’écorce, il y avait un outil et on frappait et on frappait par deux et un, deux et un.

La vie tourne, le sentiment est étalé sur le bois de la table, une idée après l’autre, une phrase après l’autre, frappe, frappe et il frappera et il tiendra le cœur à la pointe du couteau, les sentiments du côté des oiseaux, du côté des oiseaux les plumes s’envolent, les plumes partent, il frotte le bois, il lisse la table, le cœur suspendu, les yeux posés au lointain, à l’horizon des fleurs, il agite ses sentiments, il cherche, et il se confond aux nervures du bois.

Dans la main qui se tend, cœur tendu, bois envolé, oiseaux posés auprès, auprès, sur la vie : elle passe, il est étendu, il lustre ses sentiments, des émotions, des visages saisis et calmes, le froid délivrerait des rides, des erreurs, la pointe du couteau, grave, les fleurs, le cœur dans le bois, dans la vie même, dans les effusions, dans la tendresse, dans une ferveur totale, toute puissance vue, toute la chair posée sur la table, sur le bois, un couteau en avant, perdu dans la chair, le temps passe, la vie avance, les yeux s’ouvrent, les fleurs au cœur sont posées.

Il tient un souffle, un souffle, une raison après l’autre et on voit tout sur le devant, des yeux, un cœur, une évidence, une évidence, une saison passe, il est en avance, il cherche et trouve, il est tendu, il voit et il pense, les sentiments, l’émotion, le calme trouvé, la vue, la vie, la chair au bois posée, on porterait presque le cœur entre les doigts, entre les doigts, cœur sauvage, pour l'adoration, pour y voir toujours la vie en avance, le cœur déposé, la vue ouverte en échange et dire, dire entre tout, entre tout : il se donne et qui a vu la chair sur le bois. Le cœur fleuri et dévoré il reste à partager, à voir, à avaler : l’air, les fleurs, le bois.

20 Août 2011.

Retour et résonance, à fendre l’air.

" Ils iront dans l'étang

le couteau tranchera
chaque fil chaque peur
chaque erreur "

Maria Dolores Cano, ici et , 22 août 2019 à 16:16.



Ils iront dans l’étang, ils iront dans l’eau tiède, doigts tendus et nerveux et pleins de confusion, ils seront pour les uns, et les autres diront : arrêtez, arrachez, faites voir et dites, dans le vent et dans l’air, dites immédiatement la vérité, êtes vous de vertu, êtes vous de la force.

Ils arrêtent là, une litanie de marbre, et dans la pourpre et dans l’étang, on jette du métal, des filins de pèche, des cannes de roseau, et dans l’air les oiseaux.

Une boîte pour tous ces outils, ils le disent, le sens est riche, outil et fusil et comme le couteau, ils sont là, les mains pleines et les jambes posées au sol et sur le sable, le sable et le sol, les pieds s’y tordent, les jambes dans l’espace, dans le vent, sous les arbres, les pieds à plat et plantés, ancrés, prêts pour la force, les pieds au sol.


 
Sur ce temps, ils le comptent et un et deux jours et trois nuits et le reste, le reste du compte et les doigts, les doigts sur la porte, sur le montant de bois, la porte ouverte sur la rue, les pieds au sol et dans la sable et là, posés presque sans rien, avec son couteau seul, de l’air, du vent sur les yeux, la main posée sur le montant, le doigts suivra chaque nervure, les moulures, les défauts de la peinture qui sent.

Son odeur rafraîchie par la chaleur, les pieds, dans la chaleur, les doigts et seul et presque sans rien et juste son couteau, le temps posé, posé, le temps compté.

Posé et compté, où sont-ils donc, où sont-ils et quand, quand, le temps compté, le temps posé, le temps placé.





Presque rien, des oiseaux dans l’air et du ciel bleu, immense, les pieds dans le sable avec son couteau, la main sur le bois de la porte, et tic, tac, toc, toc, le temps posé est compté de point en point, un moment et un instant, charmants et de grâce et de rêve et devant, devant, sur le montant, la main et il rêve de force et de liberté, de force dans le vent, de la liberté : les pieds enracinés au sable, au sable, les doigts au bois, au bois, les yeux au ciel, dans le vent des oiseaux, au temps, au temps, et compté et pesé et posé, placé, déplacé, replacé, le poids du corps au sol, la trace est forte, le sable, est écrasé, le poids, tout prend trop de place, trop de temps, trop de, une ère d’immobilité.

Ils partaient pour l’eau tiède de l’étang, c’est la vie dans cette saison, ils sont au filet et tendus et muets et sans rien, ni autre chose qu’un couteau, à fendre, fendre l’air.







 
Ils y pensent et pied à pied, et point à point, pour répondre, ils sont perdus au bord, au bord, la chair est posée sans presque rien, un couteau et tout déborde, et tout se croise, les pieds, le sable, le chemin, la vie arrêtée, le temps posé et compté et son reste, son reste, ils se laissent déposer sous les arbres aux oiseaux, dans l’air qui roule, au sable loin, loin des cailloux, loin du rocher, des erreurs, avec le présage et les absences, ils sont plongés en eau tiède et fade, le poids du corps posé au sable, avec un couteau qui tranche, qui tranche ce fil, le fil, de ce miracle, la possibilité, l’air dans les yeux, des oiseaux au cœur et le reste, le miracle toujours, ils y pensent, ils se noieraient et ils sont immobiles.





Là encore pensant devant la porte, sur le chemin, sans presque rien, sans presque rien, les pieds au sable, la main au bois sur le devant, le temps réservé, présent, présent, sans rien devant, rien derrière, les yeux au lointain, l’air plein d’oiseaux, la confusion, les fils mêlés et le couteau, le couteau, il tranche, il tranchera, il tranchait et la figure et la ligne et les doigts immobiles au bois de la porte entrouverte. Alors les vertus et la force, l’immobilité, ils y pensent, ils y pensent au temps posé, ils frotteront l’air et les cailloux, ils finiront les chansons, ils y pensent, ils y pensent et pied à pied et point à point, pour répondre à l’air et aux oiseaux, au calme, au lointain. A l’horizon, au bord, ils sont perdus et le corps est posé sans presque rien, un couteau, des outils, un fusil, des litanies. Le couteau tranchera chaque fil, chaque peur, chaque erreur.


 
1 commentaire:  
Patrick Lucas a dit…

tout va bien ici
le texte et le dessin

le temps dégouline au calme  
16 septembre 2012 à 10:00.

Retour, un moment.

Le cœur est une joie, un repos de l’instant, une chose que l’on boit sur l’épaule de l’amant. Le cœur est une fièvre, un délice, une orange, un orage tranché d’herbes parfumées. Le cœur est un arôme, un sourire de jasmin, le pétale d’une rose dans l'effroyable jardin.

Vivre est une caresse, une tendre allégresse, une attente, une étreinte, un baiser sur la joue, une peau de douceur, une peur dans le cœur, un genou qui se noue. Vivre n’a pas d’âge, clair est son ramage, et ses fleurs de candeur nous embaument le cœur.

L’oiseau est un intime, une perle, un secret, la lumière d’un été au bec nacré ... aimé.

Maria Dolores Cano, 21 août 2019 à 09:23. ici.