jeudi 22 août 2019

A fendre l’air.

Ils iront dans l’étang, ils iront dans l’eau tiède, doigts tendus et nerveux et pleins de confusion, ils seront pour les uns, et les autres diront : arrêtez, arrachez, faites voir et dites, dans le vent et dans l’air, dites immédiatement la vérité, êtes vous de vertu, êtes vous de la force.

Ils arrêtent là, une litanie de marbre, et dans la pourpre et dans l’étang, on jette du métal, des filins de pèche, des cannes de roseau, et dans l’air les oiseaux.

Une boîte pour tous ces outils, ils le disent, le sens est riche, outil et fusil et comme le couteau, ils sont là, les mains pleines et les jambes posées au sol et sur le sable, le sable et le sol, les pieds s’y tordent, les jambes dans l’espace, dans le vent, sous les arbres, les pieds à plat et plantés, ancrés, prêts pour la force, les pieds au sol.

Sur ce temps, ils le comptent et un et deux jours et trois nuits et le reste, le reste du compte et les doigts, les doigts sur la porte, sur le montant de bois, la porte ouverte sur la rue, les pieds au sol et dans la sable et là, posés presque sans rien, avec son couteau seul, de l’air, du vent sur les yeux, la main posée sur le montant, le doigts suivra chaque nervure, les moulures, les défauts de la peinture qui sent.

Son odeur rafraîchie par la chaleur, les pieds, dans la chaleur, les doigts et seul et presque sans rien et juste son couteau, le temps posé, posé, le temps compté.

Posé et compté, où sont-ils donc, où sont-ils et quand, quand, le temps compté, le temps posé, le temps placé.

Presque rien, des oiseaux dans l’air et du ciel bleu, immense, les pieds dans le sable avec son couteau, la main sur le bois de la porte, et tic, tac, toc, toc, le temps posé est compté de point en point, un moment et un instant, charmants et de grâce et de rêve et devant, devant, sur le montant, la main et il rêve de force et de liberté, de force dans le vent, de la liberté : les pieds enracinés au sable, au sable, les doigts au bois, au bois, les yeux au ciel, dans le vent des oiseaux, au temps, au temps, et compté et pesé et posé, placé, déplacé, replacé, le poids du corps au sol, la trace est forte, le sable, est écrasé, le poids, tout prend trop de place, trop de temps, trop de, une ère d’immobilité.

Ils partaient pour l’eau tiède de l’étang, c’est la vie dans cette saison, ils sont au filet et tendus et muets et sans rien, ni autre chose qu’un couteau, à fendre, fendre l’air.

Ils y pensent et pied à pied, et point à point, pour répondre, ils sont perdus au bord, au bord, la chair est posée sans presque rien, un couteau et tout déborde, et tout se croise, les pieds, le sable, le chemin, la vie arrêtée, le temps posé et compté et son reste, son reste, ils se laissent déposer sous les arbres aux oiseaux, dans l’air qui roule, au sable loin, loin des cailloux, loin du rocher, des erreurs, avec le présage et les absences, ils sont plongés en eau tiède et fade, le poids du corps posé au sable, avec un couteau qui tranche, qui tranche ce fil, le fil, de ce miracle, la possibilité, l’air dans les yeux, des oiseaux au cœur et le reste, le miracle toujours, ils y pensent, ils se noieraient et ils sont immobiles.

Là encore pensant devant la porte, sur le chemin, sans presque rien, sans presque rien, les pieds au sable, la main au bois sur le devant, le temps réservé, présent, présent, sans rien devant, rien derrière, les yeux au lointain, l’air plein d’oiseaux, la confusion, les fils mêlés et le couteau, le couteau, il tranche, il tranchera, il tranchait et la figure et la ligne et les doigts immobiles au bois de la porte entrouverte. Alors les vertus et la force, l’immobilité, ils y pensent, ils y pensent au temps posé, ils frotteront l’air et les cailloux, ils finiront les chansons, ils y pensent, ils y pensent et pied à pied et point à point, pour répondre à l’air et aux oiseaux, au calme, au lointain. A l’horizon, au bord, ils sont perdus et le corps est posé sans presque rien, un couteau, des outils, un fusil, des litanies.

Le couteau tranchera chaque fil, chaque peur, chaque erreur.

19 Août 2011.

mercredi 21 août 2019

Un moment.

Un moment, la joie dans le cœur et le repos, on sent, et sur les épaules aucun poids, on sent une chose, il faut attendre et cela viendra, d’un cœur d’orage à une lamelle d’herbe fine, fine, d’un parfum de jasmin à un air de rose, les fleurs au jardin sèchent de contentement,

ô, vivre l’espérance, on attend, on attend et tout viendra, la vue plus nette, la peau plus lisse, il faut attendre. On viendra toucher, d’une joue heureuse, la peur évanouie, le calme détourné, la voix sans âge, claire et ronde, ronde, on a posé le souffle sur les fleurs, sur les rameaux, et au détour,

au détour, on trouvera un tout, petit oiseau, si petit. Viens-tu vivre ici, viens-tu chercher la lumière, un coup de bec. Un coup de bec, aiguise la clarté.

18 Août 2011.

mardi 20 août 2019

Un autre mot.

Le poids des choses, la liberté,
ô, le temps compté,
à la porte les doigts, un souffle.

18 Août 2011.

lundi 19 août 2019

Un mot.

Je vous mets en suspens et repose ma tête,
aux voiles des bateaux, un tout petit panache.

18 Août 2011.

dimanche 18 août 2019

Retour et résonance, tout dort et le silence le rappelle.

Ô ! Mourir
le sommeil est une douleur
ouverte à la soif
au silence

Ô ! Mourir
à l'eau de la fontaine
le vent bouche pleine
de cailloux

Solitude
des certitudes
la vie est un cercle
Ô ! Mourir.

Maria Dolores Cano, ici et , 18 août 2019 à 07:27.


Aura-t-il peur, faim, froid ou soif, trop tôt, trop dur, trop loin, trop fort. Il avance dans le ciel bleu, cherche au loin un nuage, étend au devant les bras, les mains ouvertes, il se sent, interroge et trouve toujours ou une chose ou quelqu'un. 

La vie devance, on est en aventure, on se redit, on tourne, on mord les feuilles et le temps.

Du souffle, du sanglot, la voix est à prendre, le corps est délié, la vue est précise, il se rend vers le grand et tout il cherche.





On trouve, on trouvera, on y sera, on y résoudra, plus de craintes, plus de peurs et la vie en souffle, en souffle battant, palpitant il est, elle le souffle, la vie le murmure, les rochers on les cherche et on trouve sur un coin du cœur un reste de mousse et du roseau où cacher les oiseaux. 

La vie est telle, le souffle est long, la vie est en reste, on se pose, on se domine, on se bat, on se convainc. Allons-y, pour prendre ce qui reste, ce qui serait, tout ce qui serait seul, et ce qui serait présent dans le ciel bleu. Il flotte le reste dû, le présent, le morceau de vie, il cherche et se trouve, un bâton posé sur l’épaule, sur le reste.


Aurons nous peur ou faim ou froid, il faut avoir soif, et rester là, serpent qui meurt à l’ombre entre les rochers et dans le chaud, ouverte la bouche et cherche l’air, et rêve l’eau. 




La voix est bien plus forte, le calme est bien posé, on se redit, on tourne et tout avance. Vers l’ouverture, vers la liberté, les serpents meurent de soif dans l’ombre des cailloux, la poussière est fine, ils y rampaient, ils s’y frottaient, ils habitaient dans la vallée, au pied des montagnes lointaines, les routes se tordaient. 


Le vent levé, la bouche ouverte pour prendre l’air et rêver l’eau, au pied de la fontaine. Si long, si dur et tordu, la force interpelle, le serpent est tendu entre deux solitudes, la vie à son plus haut et la douleur en pointes sombres. Ô, dans l’abri des cailloux, mourir de soif et de silence. 

Ils auront peur, ils auront soif et faim et froid et à l’heure de la certitude ils lâcheront le cercle, ils ouvriront les yeux, la bouche ouverte pour chercher l’ombre entre les cailloux.

Mange et pleure l’eau à venir, l’eau des absents, trouve tout et puis le reste. La vie est encore à venir, le soir viendra bouche ouverte et l’eau coulera. Au changement, à la certitude, au temps en fuite, l’air vaillant, il cherche et trouve, et le sommeil et la fraîcheur. 

Un coup délivre toujours de la plus grande soif. Au temps compté, la bouche ouverte, la soif éteinte, les yeux ouverts, il se verra, il entendra, il comprendra, il tournera et tout sur lui fermera, âme rêvée, âme perdue et désolée toujours.


Toujours un rire qui s’éteint et une plus grande tristesse sur cela, la vie immense, le temps compté, le rien venu, le tout porté, on se cherche et on retrouve toujours la plus vieille des chansons.



Tout dort et le silence le rappelle.

Aura-t-il peur, faim, froid ou soif, trop tôt, trop dur, trop loin, trop fort. Il avance dans le ciel bleu, cherche au loin un nuage, étend au devant les bras, les mains ouvertes, il se sent, interroge et trouve toujours ou une chose ou quelqu'un.

La vie devance, on est en aventure, on se redit, on tourne, on mord les feuilles et le temps.

Du souffle, du sanglot, la voix est à prendre, le corps est délié, la vue est précise, il se rend vers le grand et tout il cherche.

On trouve, on trouvera, on y sera, on y résoudra, plus de craintes, plus de peurs et la vie en souffle, en souffle battant, palpitant il est, elle le souffle, la vie le murmure, les rochers on les cherche et on trouve sur un coin du cœur un reste de mousse et du roseau où cacher les oiseaux.

La vie est telle, le souffle est long, la vie est en reste, on se pose, on se domine, on se bat, on se convainc. Allons-y, pour prendre ce qui reste, ce qui serait, tout ce qui serait seul, et ce qui serait présent dans le ciel bleu. Il flotte le reste dû, le présent, le morceau de vie, il cherche et se trouve, un bâton posé sur l’épaule, sur le reste.

Aurons nous peur ou faim ou froid, il faut avoir soif, et rester là, serpent qui meurt à l’ombre entre les rochers et dans le chaud, ouverte la bouche et cherche l’air, et rêve l’eau.

La voix est bien plus forte, le calme est bien posé, on se redit, on tourne et tout avance. Vers l’ouverture, vers la liberté, les serpents meurent de soif dans l’ombre des cailloux, la poussière est fine, ils y rampaient, ils s’y frottaient, ils habitaient dans la vallée, au pied des montagnes lointaines, les routes se tordaient.

Le vent levé, la bouche ouverte pour prendre l’air et rêver l’eau, au pied de la fontaine. Si long, si dur et tordu, la force interpelle, le serpent est tendu entre deux solitudes, la vie à son plus haut et la douleur en pointes sombres. Ô, dans l’abri des cailloux, mourir de soif et de silence.

Ils auront peur, ils auront soif et faim et froid et à l’heure de la certitude ils lâcheront le cercle, ils ouvriront les yeux, la bouche ouverte pour chercher l’ombre entre les cailloux.

Mange et pleure l’eau à venir, l’eau des absents, trouve tout et puis le reste. La vie est encore à venir, le soir viendra bouche ouverte et l’eau coulera. Au changement, à la certitude, au temps en fuite, l’air vaillant, il cherche et trouve, et le sommeil et la fraîcheur.

Un coup délivre toujours de la plus grande soif. Au temps compté, la bouche ouverte, la soif éteinte, les yeux ouverts, il se verra, il entendra, il comprendra, il tournera et tout sur lui fermera, âme rêvée, âme perdue et désolée toujours.

Toujours un rire qui s’éteint et une plus grande tristesse sur cela, la vie immense, le temps compté, le rien venu, le tout porté, on se cherche et on retrouve toujours la plus vieille des chansons.

17 Août 2011.


















samedi 17 août 2019

Retour, souffle en pavane.

Aux heures claires
s'asseoir et méditer
le temps s'allonge

"le coeur tenu"
comme cela est beau
beau
comme ce "Souffle en pavane"
 

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"No es vida a quien veo,
ni soy yo quien la miro.
Con la luz se ha perdido – ¿ para siempre ? –
mi ser del día, ya,
y no ha venido aún el de la noche.

Es un momento
en que somos mi vida y yo momento,
– ella de mí, yo de mi vida –,
ni luz ni sombra,
ni verdad ni mentira,
–¿ acaso otra mentira, otra verdad,
Otra sombre, otra luz ? –

Una vida y un yo
de fuera de nosotros.
No soy yo quien la miro,
ni es mi vida a quien veo"

Juan Ramón Jiménez / Belleza / José Corti

Maria Dolores Cano, 17 août 2019 à 09:55, ici.