jeudi 30 novembre 2017

L’or ...

L’or du soleil éclaire les pieds dans la paille, au crochet pendent les dépouilles. Les bras dans ce passage sont tout bleus, la peau respire une odeur de regret, ce mélange occupe la fin du jour. La perle fine, le faux semblant, le vrai caillou, la vie sauvage satinent la peau. Les espoirs, les fortunes faites, les vrais retours et les grands triomphes sont des rumeurs qui agitent la vie qui va où elle peut.

Les enfants jouent, batailles d’éléphants et paille que l’on mâche. Grandes vacances, les pas s’enfoncent dans le jour qui croule de gris et d’ombre molle. La vie avance, chaque plage est un oubli, la peur du noir et les audaces vont plus loin que la nuit. L’eau dans l’air tire vers elle les insectes qui piquent et mordent. Un tic de rien bat dans la tête, la serrure dort dans les greniers, on les vide un soir d’orage. Les vieux s’affolent, la colline brûle sans que l’on sache pourquoi. Les arrosoirs versent de l’eau sur le feu qui gronde sous les branches, les vieux affolent l’horizon, les planètes descendent sur l’épaule du seul qui sait voir et entendre l’histoire lente et précise des gardiens de troupeaux. Ce calme ignore la folle envie de liberté, il part comme on se range. Il racle et il menace, le temps s’en va dans les cailloux, il vient de rien et avance, il renie le talon plat, le vieux talon, la corne épaisse et un éclat dans la peau blessée. Le feu à l’ombre compose dans la verdure et la poussière, le bal terrible qui monte, la bannière des ardents. Il est beau à l’aube qui avance, le chant des oiseaux sur le dos d’un cheval qui passe sans voir.

Les pieds des enfants restent ronds même s’ils s’usent sur le marbre. Il faut attendre la fin du voyage, sentir le vent et les cailloux et dire le chemin est long, le rocher si ferme et la pente abrupte.

8 Juillet 2004.

mercredi 29 novembre 2017

Peut-il ...

Peut-il vivre ainsi celui qui cache quelque chose ?

Il y a de longues plaintes et des silences qui s’ajoutent à un regard fuyant. La liberté est dans le vide, les yeux ne fixent rien. Il se faufile à peine entre les pages de son livre ce voyant que rien ne regarde, il est en attente de la fin de l’histoire, de la fin du roman qu’il n’écrira pas. Les vagabonds sur la route cherchent d’un coup d’œil l’endroit où il cache la clef, le pot que l’on retourne. Le métal chauffe et brûle les doigts.

8 Juillet 2004.

mardi 28 novembre 2017

Chaque feuille ...



























Chaque feuille pèse le poids du vent, il y a des oiseaux dans les branches. Ce qui se voit est profusion, on se découvre chétif. Il faut tailler dans la chair. L’équilibre est fragile, la main et le tronc se détachent. Le pied et l’oreille vacillent. Le tuteur mord la chair. Le figuier est vengé.

14 Juillet 2004.

La fidélité ...

La fidélité ne sait rien et ne croit pas grand-chose.

Il y a dans la face du monde, un souffle chaud qui hurle sans espoir, sans retour et sans force. La feuille qui balance divague et se noie sous le poids d’un métal qui ne dit pas son nom. La mémoire est vive, sur la bouche le cri résonne longtemps. Il faut entendre la mêlée des corps qui rassemblent et frottent longuement la surface des choses. Une vague lente monte du sanglot de ceux qui fuient l’ombre, le fier et sourd meurt dans ce fatras, les habits mêlés de poudre de lune. Au soleil Juillet redore la peau. La chance tire par la main celui qui meurt. L’œil s’ouvre et implore.

Recevez ce martyre, croyez ce beau mensonge, l’amour ouvre le bal, la liberté rit des vapeurs tremblantes, l’été commence et délie les doigts. Le vilain disparaît dans l’ombre, le calme est un retour vers ce pays, lavé dans l’oubli. La seule loi est d’en faire une offrande à ce petit oiseau qui claironne l’ardeur. Renvoyez ces délices de flamme qui brillent dans le ciel, sans remords et sans soif, leur langueur foule la distance et sépare ceux qui sont loin de nous. Il faut voir dans les branches des arbres le fil qui balance les araignées du jour, chagrin pour qui le sait, espoir si le temps passe et contredit le souffle chaud et lourd. La dispute fâne et croque toute audace, efface le regret du temps qui court. La fleur du monde est à venir dans ce petit paradis bleu et vert qui dort. Les infidèles accrochés au portail se griffent au genou. Ils se mettent en rond et font des embuscades aux passants qui regrettent le temps de l’air suspendu. La lumière se divise en papillons de laine, ils grimpent sur le toit, c’est un fardeau pour l’épaule de soie qui coule de soleil et de chaleur salée.

Dans ce miracle un ange de la vie compte les moutons, il rit dans son berceau, jeune loup qui dort.

Terre et eau, et folle avidité, les astres et la joie signent le pacte de l’oubli.

07 Juillet 2004.

lundi 27 novembre 2017

Du mouroir ...

Du mouroir du soleil et du printemps, un oiseau plonge sur une branche fine, ressort de verdure, élastique de l’esprit, qui l’envoie vers le ciel. Réponse vive a l’angoisse, le matin très tôt et trop fleuri.

La noirceur que contredit l’aube effraye les prisonniers dans leur cage, ils sifflent à corps perdu vers le ciel qui leur manque et qui accueille les petits. Les libres meurent en l’air de faim et de souffrance.

Les enfers s’ouvrent et libèrent une étreinte de sang sur un fauteuil de foudre. 
 
02 Juillet 2004.

dimanche 26 novembre 2017

La clef.

La clef sur une épaule ouvre une porte, et ce tout qui grince agace les yeux. Dans sa maison, je vois ce qui se passe, le métal qui vibre et le front en haut. Les oreilles tintent et le cœur s’en va. La force grippe la charnière, et tous s’acharnent sur cette ouverture qui ne se fait pas. Puisque tu l’aimes il sera tien, ce désir de grands vents et d’espaces qui chantent, la liberté berce les rayons du soleil où volent les abeilles.

Les oiseaux se battent, un plus grand, un plus fou s’approche du champ qui s’ouvre, son cœur s’affole et le temps s’en va. Dans le vent s’élancent des araignées sur un fil, les mènent où voudront bien l’air et le silence, leur vie s’en remet à tes mains et ton cœur les soutient. La porte résiste et rien ne vient, de jeunes affamés secouent fort, ils n’ont pas de clef. Cette force enchante ce roi qui aime les enfants.

La clef sur son épaule pèse le poids de l’or qui se souvient du plomb et de la terre. Le fils de cette mère a connu la douleur, les enfants rebelles et le corps qui se tord. Une chanson claire tire des larmes de celui qui lutte pour le temps qui vient et laisse échapper la liberté. La clef à son trousseau livre le souvenir du vol des abeilles, du fil des araignées et du combat des oiseaux. Une clef est enchaînée à sa liberté.
pour J. P. G.

Samedi 15 Mai 2004.

















samedi 25 novembre 2017

Chanson de Ping Pong Li.



Chanson de Ping Pong Li.

La voix légère, mon père tire, pousse et chante. Dans Canton il tire, pousse et souffle, Ping Pong Li.

Pousse et mange après la guerre, Ping Pong Li, gâteau de riz, écorces d’orange et chocolat, Ping Pong Li.

Ping Pong Li a quitté chaudement Félicité, a été chaudement félicité, Ping Pong Li.

14 Mai 2004.