mardi 18 septembre 2018

Dans la pénombre.

Et, il se tourne et recommence, et il regarde le soir, et il écoute, et il sent l’air frais, si frais et si fragile, les grenouilles dans le marais se lancent et commencent et recommencent et chantent, chantent.

Il est dans la pénombre et rêve d’horizons, au loin, et bleus et pleins d’aventures et pleins du souvenir d’un futur accompli, sans peurs et sans surprises, des histoires à faire fuir le mal, à faire fuir la peur et garder les éclairs, les éclats. L’eau coule fraîche quand il fait chaud et calme toujours quand virent les tempêtes.

Il est dans la pénombre et rêve d’horizons et parle de partir et parle de se battre et gonfler la poitrine pour attirer les autres et faire fuir la peur, le marin est dans la tempête et il pleure, l’effroi le submerge, il va couler sous le ciel dans la nuit pleine, ombre sous les étoiles, dans l’air frais qui ralentit et force, il sourit aux aveugles et personne ne sait, ce visage est perdu, ces lèvres sont absentes, la pénombre évanouit le jour et tout est un mystère et tout est sans façons.

Il faut entendre le chant des grenouilles, les passants les frôlent. Une herbe petite et sauvage file entre les doigts et tourne sur sa tige, le soir est dans la pénombre, les passants passent, les grenouilles chantent fort et loin, et les éclats bondissent sur les eaux.

21 Juillet 2007.

lundi 17 septembre 2018

A vide, dans la serrure.

Il revient et défait les nœuds et les entraves, il avance et ouvre les yeux et la bouche et gonfle la poitrine. Il coupe le cordon, il réduit la toile, il fonde une maison, une espérance de caresses, de rires, d’enfants, de blessures de guerre, de sens épanouis, de rêves de grandeur. Il traîne et recommence, il dit, non et oui et il souffle chaud et froid, et il escalade les rocs. Il bâtit, de l’air du large et des instants sereins. La vie avance dans l’orage. Il forme et déforme des groupes, des séries et des hordes sauvages, pour arracher de la terre au vent et tendre sur le dos des images, il construit des cabanes, il enfonce les âmes des brûlés dans la boue, il se vautre et avale des monceaux de plaisir, sans rien en perdre et sans offrir son âme aux pécheurs de tendresse, aux exilés de tout, aux bannis, aux tranchés, aux assoiffés d’eau pure. Il retourne le sol et gratte la peau nue. Il se défait de tout et construit des odeurs de chien jaloux. Il se donne au plaisir.

Et il est perdu, et il coupe, coupe, un cordon de colère, une espérance, de rien dit, de rien fait. Il tranche les cordages, et finit et rentre et trace dans le sable un cercle de vie pour appeler le jour et il signe pour se donner. Il rentre dans la vie et laisse le plus dur, le plus fort : la cadence, la ferveur, les évidences. L’orage roule et il se décompose et il parle, parle, de lui même et de rien en plus, et c’est tout, et peu, et le vent tourne et rien ne tombe au ciel, ni eau, ni pierres, ni remords. Il se roule dans le sable et attend et commence une fois de plus. Rien ne vient de lui même et rien ne construit l’aventure. Il ouvre la bouche et il espère l’air frais et fort, dans le corps, dans le cœur, sur les genoux. Il traîne et recommence et rien n’est construit et rien ne vient encore.

Il court, court, court et dresse un drapeau pour enchanter la vie, la bannière est de frissons sur l’onde, sur la peau, sur le rire et dans la volupté. Il coupe le cordon et il déploie l’oriflamme et il espère encore voir le monde d’en haut, se détendre pour enfanter la gloire et purger les eaux bleus du sang des oubliés. Il est passé et frôle les étoiles et rien ne bouge et rien n’est construit, les aveux, les outrages, le rien, à dire, le rien, à faire, le rien n’est fait, le rien n’y fera. Il parle de faiblesse et de barre tordue et de clé qui tourne à vide dans la serrure, l’ennui, les explosions, les fortunes diverses, la solitude aussi et les enlacements. Il campe sur les monts et boit dans la paume des étrangers partant pour ailleurs et pour rien. Tout tourne à vide et sans saveur, le monde est un peu triste, cet enfant est perdu et il oublie : le jardin est plein, les fleurs s’ouvrent avec le jour.

20 Juillet 2007.

dimanche 16 septembre 2018

Retour, compté et engrangé.

Il sac et ressac. Cœur écaillé, lavé, lessivé, ballotté, porté, flotté, échoué sur le sable. Il ricoche sur les dunes. L'angoisse qui l’enserre et le serre le perd aux heures sombres de la vague, au plus noir des ténèbres, dans le froid et la fange. Sur le lit de cailloux il défait ses effets et la peur effacée et la joie reconquise, nudité retrouvée aux premières pages du grand livre.

Entre-ligne à mi-mot, entre-deux sur les flots, et la rive et la rime sur la voile qui dévoile le visage du grand-voile.

Seul survit le plus vrai, l’essentiel, non point le plus brillant, le plus fort, le plus dur. La vie parfois terrible porte son jugement de certitudes et d’habitudes.

Lui seul, brocanteur-rêveur il retient ce qui demain le servira, l’aidera, petites particules de vie et d’amour pour travail de mémoire.

Il prépare un royaume d’abondance, un festin à conquérir, un combat rude, harassant. Il le sait, il le sent, le pressent. Alors il entend, il écoute l’oiseau qui emplit de poésie l’espace à conquérir, là sur le rebord du monde en pluie de plumes et de battements d’ailes.

Abandonnant la bataille il soulève le couvercle de bombance et libère un envol de joie, de rêves, de bonheur et de miel… … la vie simple à nouveau.

Son cœur écaillé ricoche sur les dunes, sur le temps, sur les portes fermées et les rideaux d’écume, en haut, en bas, sur les chemins d’infortunes. D’une rive à l’autre les oiseaux renvident le temps, bulle de fortune éclose d’une griffure, sur la peau de l’étang.

Il est seul et avance sur les chemins d’errance. Il pense et repense aux matins de souffrance, de peur et d'absence. Alors, il ramasse et amasse, compte et recompte, se souvient les promesses, cueille les fleurs et distille les mots en colonnes de lumière, en histoires nouvelles pour panser les demains.

Les mots se suivent en guirlande sur le sable, en caravane du désert, en grains dans le lit de la vigne. Il transforme et invente et refait et défait et revient et retient et gratte et recommence et coupe et recoupe et boit dans la coupe. Le cœur léger et blessé, sacrifié, supplicié, anesthésié, revenu sur la rive, descendu de la dune et meurtri d’inquiétude, et tout seul il mesure sans mesure, démesure.
 
15 septembre 2018. 16h05

Saison et raison.

Il vole et se tord, coup sur coup, et il commence, du sable dans un suaire, et il commence, et tord le cou vers l’espérance, et finit, et bute, sur le sol, le pied tordu et ravagé et prend son échec pour une histoire et finit le jour et il commence, par cœur à chausser les cailloux, dans la sandale, sans forme et sans éclat. Il court et tord les os et brise les chevilles et sent dans la chair la mort qui pousse et qui avance. Il est au bord de tout, et du gouffre, et du calme, et du repos à voir et à entendre, les efforts sur le bord, le chemin est bien plat, la couleur coule sur le front. Il débranche le ciel et coupe les feuilles, et il arrache au cœur les branches sous les pattes des oiseaux, sous les griffes qui mordent l’écorce, et il brûle ce monceau en offrande. Il faut que cesse le chemin de la mort.

Il faut une certitude, jeter en face des jaloux la vie, à voir, à vivre, à comprendre. Il voit, il vit, il comprend, il ferme sur les eaux le corps sans sépulture, le sable est dans le suaire et il franchit un moment une parcelle de vérité et il change en rond, un carré d’infortune, une saison de joie pour enfanter la sérénité même et achever le bal des vies foudroyées. La confiance est dans la poitrine, il revient sur le tas et marche, marche, marche, marche. Les mots sont sans valeurs et tout remplace tout et les pieds sur le sol martèlent l’évidence, il faut entendre et entendre, le son, le son, le son seul est important, la vibration au début, l’explosion et puis pour une éternité l’attente d’une autre explosion, d’un autre changement, des oiseaux s’envolent et claquent de leurs ailes le début d’une nouvelle éternité.

Le tas, le caillou, la fermeté, l’ordre, la déraison, la saison des pluies et des rafales, les gerbes haut lancées et les chars de paille, les bœufs sur le chemin, les bœufs dans la course, les habits des mortes saisons, le temps qui passe, passe, les oiseaux qui enfantent toujours un monde nouveau, le temps renouvelé et toujours, semblable et différent, l’avenir et le passé mêlés et complices, et rien n’y fait et rien ne bouge, que ces pieds sur ce coin du monde plat et tranquille et plein de questions et plein de réponses, sans suite, ni raison, bien sur la saison suit dans la cohorte, saison et raison, tri et ordre, et les oiseaux créent une éternité.

19 Juillet 2007.

samedi 15 septembre 2018

Il compte et engrange.

Le cœur épanoui, brisé et tordu et fracassé, d’en haut, d’en bas, de toute part et finissant sur une dune, au temps, rempli d’inquiétude, fini de solitude, comblé de malchance, parfumé de tendres et de solides fers, de pieux et de complicité, dans l’attente, dans le vent, dans le froid, sur la mer et sur les airs, dans les torrents de boue et de cailloux, des effets et des efforts et des effluves, et du calme, et du renouveau, du perdu, et de la fin, le cœur épanoui et mordu, trouvé en haut dans le livre, et la joie, et une fois de plus et une fois de moins, un espace à conquérir, une guerre à mener, des soldats pour l’entrain, et des branches, perdues, dans le centre de toute chose.

Il lance des rameaux dans les mines de sel et remonte des arbres pour la joie, tout scintille, et tout se voit, tout meurt dans la lumière, dans le sable, et le renouveau, dans la ferveur et dans le froid, le cœur aussi a froid, de certitudes et de raisons, qui font lancer des pierres au fond du puits et des branches de houx dans la bassine noire.

Il prépare un festin, bombance de roitelets et de salamandres, il sort le chaudron pour les fous et remplit les yeux d’abondance. Un espace à conquérir, le roi est prêt pour la bataille, les oiseaux chantent dans les branches et le marcheur a délacé ses pieds dans les chaussures, la poussière monte du bord, le chemin est foulé, les oiseaux chantent au bord du toit, un espace à conquérir, les oiseaux pleuvent des plumes et des cris, sous les arbres, sous les rebords du toit.

Le cœur épanoui, brisé et tordu et fracassé, d’en haut, d’en bas, de toute part, et finissant sur la dune et le temps, rempli d’inquiétude, sur la dune et le temps, une issue est fermée, chemin dérobé, le marcheur est en avance et crache sur le chemin. Les oiseaux suivent au loin et grattent les herbages, les animaux soufflent sur les crans de boue, les pierres lancées dans l’eau trouent de bulles et d’air mêlé, fendent la surface.

Sur le chemin, le soleil chauffe les épaules et ferme les yeux dans les idées, le souffle seul compte et fait tourner les mots dans chaque sens et, pour lui seul, il compte et défait la ceinture et claque son ardeur, et, pour lui seul, il compte et engrange une charretée de promesses. Il vient et porte sur le dos les fleurs offertes au mal pour le chasser, à la peur pour la briser. Les mots sont seuls et tourbillonnent, et, pour lui seul il compte, il promet des années de lumière, des chemins de boue séchée, des orages d’air sec et chaud, des feuilles qui volent et grimpent dans le ciel, changent le sens des choses et des histoires.

Des files de mots seuls, comptent et tourbillonnent, remplacent l’air, et changent le ciel bleu, en ciel de nuit et de vendange, le raisin est vert, encore. Les mots seuls sont importants et tourbillonnent, il insiste car lui, seul pour lui, compte, et refait le monde, et change les saisons, et défait la ceinture, et monte le cerceau, et fauche les blés murs et engrange la soif, dans une raison folle, dans l’air qui tourne et recommence, il marche, marche et finit sur le flanc. Le cœur épanoui et brisé et tordu et fracassé, d’en haut, d’en bas, de toute part, il finit sur la dune et le temps, et rempli d’inquiétude, il avance, et, pour lui seul, il compte et mesure.

19 Juillet 2007.

vendredi 14 septembre 2018

Il faut agir, reprendre la main, le pied, le pas.

Il vole de l’espace et rend coup pour coup et il finit sur le sable, dans un voile triste et il recommence, sans attendre, sans penser, sans croire, un voyage loin, très loin des noces et du sang, et fragile il sent la beauté qui s’éloigne , il ferme et embrasse, compense le doute et les orages, il enfonce un pieu de larmes dans l’âme effarouchée.

Il faut avec adresse pincer la corde de l’arc, et tendre, et tendre, tendre, enfoncer le sommeil dans la volonté, dans le doute et commencer, il faut tenir les limites et fonder un royaume pour les plus faibles et les isolés et les menteurs qui lancent loin, très loin des boules de laine et de candeur.

Il se ferme et prononce les paroles de trop et fortes et longues, qui coupent le fil de soi vers soi, vers l’erreur de la volonté, vers le sacrifice, vers la sagesse, vers l’acceptation et le renoncement.

Et voler et rendre et enchanter les jours nouveaux, les croix, les calices, les pierres taillées contre la peau. Il faut saigner et prononcer chaque phrase, chaque séquence, chaque son, il y a un monde à reconstruire, une évidence à imposer. Sur le mensonge, la carapace, les effets, sur le dos meurtri, le sang coule et remplit des seaux d’amertume et de rancœur, les filets sont pleins, des récoltes, des clôtures, les frontières sont atteintes.

Il faut agir, reprendre la main, le pied, le pas. La solution est dans le temps, dans l’espace gagné sur le plus grand. Les oiseaux chantent et dans les branches les fleurs ploient, bien lent, bien beau, dans la liberté, dans la ferveur et dans la joie.

Le soleil lève les impostures, les imperfections, la sûreté, les aventures, les belles choses lancent dans le matin une calme résolution, les plus grands vont lever le front et tordre le cou aux offenses. Et il voit dans le matin, un renouveau, une espérance, une bêtise simple, le jour se lève, les oiseaux chantent, les arbres ploient du poids des fleurs et le cœur ouvre sur le temps.

19 Juillet 2007.

jeudi 13 septembre 2018

Et un miracle.


L’eau a coulé sur la peau, les choses simples, la peau, le désir et le ciel bleu, tout bleu, si bleu, et la peau chaude et fraîche et d’une jeunesse éternelle et complète et forte et bienveillante, et parfaite, pour les contraintes, pour l’effleurement. Il avance son doigt et sort de l’ombre et glisse sur la peau et glisse, glisse, et un miracle, le désir est une jeunesse éternelle. Le registre est ouvert des choses simples et attirantes, le ciel est bleu, si bleu, tout bleu et là, cesse la réflexion.

Ils sont en nage et effleurent d’un doigt la peau et là, cesse l’intelligence, ils sont animaux et sincères et bien perdus et bien plus forts, les hommes sont perdus, les caresses affolent, les animaux hurlent et grognent et défigurent leurs visages, et tombent les catastrophes, l’air perdu, les visions, les songes et les illusions. Ils sont perdus de peau et de fraîcheur et de rose au bout du doigt.

Ils se portent des coups de griffe et de cailloux, les pierres volent et les complices se sacrifient. Un peu de bois et de silence, une prière au jardin et coule, coule l’eau sur la peau et le visage et chante la main blanche trop serrée au poignet. Ils sont aveugles et en partance, répandus sur le gravier et grand et forts, et gravement ils se redressent et chantent une prière lente, et sans baptême se griffent d’eau et de fureur.

Ils sont enfants du monde, du plus grand et du plus chargé des pères et des rois, ils remplissent un tombeau de couronnes, et d’arc et de flèches leur carquois. Ils grimpent vers le lieu du monde ou ils chanteront à genou et deux par deux feront offrande de raideur et de force. Sur tout, sur encore plus de visage, une gifle de volupté, ils se mélangent et recommencent et enchantent leurs libertés, ils offrent des paroles et démontent des lieux de froid, de chaud et d’incroyables résistances et d’incroyables surprises.

Ils sont à point et en avance et refont le chemin du haut en bas, et en avance ils se griffent les bras. La peau est fraîche, le silence berce ces fils. Ils se posent dans l’eau profonde et glissent sur le dos et insinuent, les doigts, les mains, les ongles, la peau vive, dans l’eau plus chaude et sans saveur. Ils font un tour, une arabesque, une aventure sur le dos, le cœur offert, la bouche éclose et redemandent des faveurs, des coulées de lave, la bouche ouverte sur le temps, sur les épaules. Ils se lancent des sacs d’outils, de grands fracas, des perles fines, des pierres, des bijoux d’or et d’argent et ils inventent un commerce, un troc. Une sensation, de grand danger, de jour étrange, de silence, et de confusion, rien ne va droit, rien ne se range, les yeux au cœur vont en tournant sans dire droit, sans franchement se rapprocher, sans y penser, et sans rien dire, ils touchent la peau fraîche et le sanglot.

Leur ciel est bleu, tout bleu, si bleu, et tout enchante et tout bouge et ils reviennent dans leur saison, et ils ouvrent leurs miroirs, et ils ouvrent les fleurs fraîches, et ils admirent, la sensation de frais et de douceur et de subtil effleurement, sur la peau nue, si nue, et en attente et cherchant la caresse et la fraîcheur. Le feu les brûle et ils éteignent, et ils ouvrent les yeux au jour, la liberté est dans l’eau vive, dans les cailloux sous les pieds, dans l’air perdu, dans l’attente. La surprise est encore au détour, ils recommencent et imposent la jeune éternité, le retour. L’eau a coulé fraîche sur la peau, des choses simples, la chaleur, la fraîcheur, la peau, le désir et le ciel bleu, tout bleu, si bleu, et la peau chaude et fraîche et d’une jeunesse éternelle et complète et forte et bienveillante, et parfaite, il avance son doigt et sort de l’ombre et glisse sur la peau et glisse, glisse et un miracle. 


18 Juillet 2007.